Enfin découvrir le livre MYSTERIOSA

Couverture noire et dorée du livre MYSTERIOSA avec son bandeau bleu
La couverture de MYSTERIOSA et son bandeau amovible mettant en avant le trésor de 50 000 euros.

La première impression est bonne. Le livre mesure environ 21,6 × 16,5 cm pour 1,1 cm d’épaisseur et pèse 319 grammes. Ce format me semble très adapté à une chasse au trésor. MYSTERIOSA reste suffisamment grand pour une tenue en main confortable, tout en étant assez compact et léger pour être facilement transporté. Sa couverture cartonnée protège correctement l’ensemble et je me vois très bien l’emporter pour le lire dans un café, dans un parc ou simplement ailleurs que devant mon bureau.

La couverture est également très réussie. Elle repose sur un fond noir mat, très sobre, sur lequel le titre MYSTERIOSA apparaît en lettres dorées. Les lettres sont disposées de manière à former un point d’interrogation, à la manière d’un calligramme. En arrière-plan, de fins traits blancs rappellent ces photographies du ciel réalisées en pose longue où les étoiles semblent tracer des cercles autour de l’étoile polaire. Ici, le centre de cette composition n’est pas une étoile, mais précisément le point d’interrogation formé par le titre. L’ensemble est minimaliste, mais précis, et la dorure apporte juste ce qu’il faut pour relever le design sans le surcharger.

Sur la tranche, on retrouve le nom MYSTERIOSA en doré ainsi que le logo des Éditions du Trésor, une croix qui évoque naturellement le fameux « X » marquant l’emplacement d’un trésor sur une carte. À l’arrière figurent les noms des douze contributeurs ayant participé aux textes et à la bande dessinée. J’ai cependant remarqué un détail intéressant : le pseudonyme de Bastien Lebaudy, l’auteur des onze énigmes, n’y apparaît pas. Le pseudonyme est déjà pratique pour préserver son anonymat ; ne pas l’afficher sur la couverture, c’est encore mieux pour s’invisibiliser. :)

Le livre est vendu avec un bandeau amovible entourant sa couverture. Celui-ci aide à maintenir l’ouvrage fermé et protège donc un peu les pages pendant le transport. Ce n’est évidemment pas aussi protecteur qu’un emballage plastique, mais c’est nettement plus écologique. Le bandeau remplit également très bien sa fonction marketing en mettant le trésor en avant. Une fois retirée cette petite verrue publicitaire, on peut profiter pleinement du design très épuré de la couverture.

Tranche noire du livre MYSTERIOSA avec titre et logo dorés
La tranche de MYSTERIOSA, avec son titre doré et le logo des Éditions du Trésor.

Un ouvrage soigné, avec quelques réserves sur le confort de lecture

Détail de la reliure du livre MYSTERIOSA
Détail du bloc de pages et de la reliure du livre MYSTERIOSA.

La qualité générale du livre est correcte. Le papier est mat et plutôt épais. Les pages ont une légère transparence, mais elle se remarque seulement quand l’éclairage est faible ; sous une bonne lumière, le contraste plus marqué fait disparaître cette petite faiblesse.

La police choisie est agréable et très lisible. Ma principale réserve concerne davantage sa taille. Elle n’est pas particulièrement petite, mais elle aurait gagné à être un peu plus grande. Les textes disposent en effet de marges latérales assez généreuses. J’apprécie beaucoup la marge intérieure, près de la reliure, car elle facilite la lecture lorsque le livre est ouvert. Par contre, je trouve dommage que l’éditeur n’ait pas utilisé davantage l’espace disponible sur les trois autres côtés pour augmenter légèrement la taille des caractères. Cela aurait amélioré le confort de lecture, notamment pour les personnes ayant une vue plus faible. Le livre reste parfaitement lisible, mais il me semble que ce point aurait pu être mieux pris en compte.

L’ouverture du livre est bonne. Il s’ouvre facilement et la marge intérieure généreuse évite que le texte ne vienne se perdre dans la reliure.

Une entrée en matière particulièrement agréable

Le livre débute par un court prologue d’environ deux pages et demie. C’est léger, cela se lit rapidement et cela pose le cadre sans s’attarder inutilement. Ensuite, on entre immédiatement dans le vif du sujet avec une bande dessinée de 18 pages. J’aime beaucoup cette façon de commencer. La BD joue presque le rôle d’un amuse-bouche. Elle permet d’entrer facilement dans l’univers de MYSTERIOSA.

Après cette première séquence viennent cinq textes relativement courts. Les trois premiers font six pages chacun, les deux suivants huit pages. Le livre revient ensuite à la bande dessinée pendant trois pages, comme un petit entracte prenant la forme d’une sorte de flashback, avant d’enchaîner avec cinq autres textes de trois à huit pages. Une dernière séquence de bande dessinée de cinq pages vient ensuite refermer cette partie narrative. Puis arrivent les onze énigmes, chacune occupant une page entière.

Le livre se termine enfin par cinq pages de règlement, suivies des informations éditoriales classiques.

Ce découpage me plaît beaucoup. En dehors des textes, de la bande dessinée et des énigmes, tout le reste est utile et concis. Il n’y a pas de longue préface, de présentation interminable ou de digression qui donnerait l’impression que l’on cherche à remplir des pages. Le livre reste concentré sur la chasse, et c’est exactement ce que j’attendais.

Une bande dessinée qui m’a d’abord laissé sceptique

Extrait de la bande dessinée du livre MYSTERIOSA
Extrait de la bande dessinée de MYSTERIOSA, dessinée par Mathilde Payen. Éditions du Trésor. Photo : AppErgo.

Ma première réaction face au style graphique de la bande dessinée a été assez mitigée. Ce n’est tout simplement pas un style auquel je suis naturellement sensible. Il m’évoque certains courants de bande dessinée contemporaine ou autobiographique dont je ne suis généralement pas le public. À la première lecture, je me suis donc dit immédiatement : « Arf ! Ce n’est vraiment pas mon style de BD. » Puis, à mesure que je revenais sur les pages et que je regardais davantage les dessins, mon jugement a commencé à évoluer.

Illustrer une chasse au trésor est de toute façon un exercice délicat. Quel style aurait réellement été idéal ? Un comics américain des années 1960 ? Un style plus moderne ? Un manga ? Un dessin humoristique très dépouillé ? Une approche heroic fantasy extrêmement détaillée ? À bien y réfléchir, je ne vois pas de réponse évidente.

Le style retenu possède justement des particularités qui peuvent être intéressantes dans le cadre d’une chasse : les perspectives ne sont pas toujours rigoureuses, certains détails sont simplifiés et le dessin prend parfois de grandes libertés avec la représentation exacte des choses. Dans une chasse au trésor, cela peut laisser beaucoup de place à l’interprétation. On se demande alors si un détail est volontaire, s’il faut lui accorder de l’importance ou s’il ne s’agit que d’un choix graphique.

À force de parcourir la BD, je me réconcilie donc un peu avec ce style. Il ne correspond pas à mes goûts, mais je commence à voir en quoi il peut convenir à une œuvre qui nous demande justement d’observer, de douter et de chercher.

Une quantité de matière qui impressionne déjà

Page d’ouverture du chapitre Le mystère de l’Atlantide dans MYSTERIOSA
Le début d’un texte de MYSTERIOSA.

Je n’ai encore fait que survoler MYSTERIOSA : j’ai lu les trois parties de la bande dessinée, deux des textes parmi les plus courts, le début de quelques autres textes ainsi que les onze énigmes.

La bande dessinée se lit facilement et, bien évidemment, son contenu soulève immédiatement de nombreuses questions, aussi bien par son histoire que par les nombreux petits éléments que l’on découvre au fil des cases.

Certains détails sautent aux yeux, d’autres sont forcément beaucoup moins évidents et demanderont davantage d’attention. Tout ce qui paraît important ne le sera pas forcément, et certains éléments anodins au premier regard cachent peut-être au contraire quelque chose. Il faudra aussi faire attention à ne pas suivre une fausse piste. En la matière, outre celles créées par l’auteur des énigmes, il y a aussi celles que l’on peut créer soi-même.

Ce qui m’impressionne surtout, c’est la quantité de matière disponible. Pris séparément, les textes restent relativement courts, entre trois et huit pages, mais l’ensemble représente déjà un beau volume de matière à décortiquer. Combien d’allers-retours faudra-t-il faire entre les textes, la bande dessinée et les énigmes ? Combien de lectures et de relectures seront nécessaires pour repérer certains indices ?

Quand je vois le temps que j’ai pu consacrer aux onze énigmes de la Chouette d’Or, sur lesquelles je travaille encore, j’avoue que cela me fait un peu peur. MYSTERIOSA ne me semble clairement pas destinée à celles et ceux qui n’aiment pas lire. Ici, il faudra lire, relire, comparer et revenir sur les mêmes passages.

Des énigmes qui me laissent plus réservé sur la forme

Je ne me suis pas penché sérieusement sur les énigmes. Je les ai juste lues et relues, rien de plus. Il m’est donc impossible de juger leur qualité sur le fond. Toutefois, on voit immédiatement que ce sont de véritables casse-têtes, et probablement pas des plus simples.

Sur la forme, ma première réaction est par contre plus réservée. Leur écriture me paraît manquer un peu de poésie, de légèreté et d’élégance. Certaines formulations utilisent un vocabulaire très direct, parfois familier, et dans le même temps, l’auteur insère ici et là des mots beaucoup plus recherchés. À la première lecture, ce contraste heurte un peu. Cela me donne l’impression que les textes n’ont pas été suffisamment travaillés et retravaillés pour en adoucir la forme.

C’est évidemment très subjectif. Je ne prétends d’ailleurs pas moi-même maîtriser parfaitement la langue française. Mais la comparaison avec les énigmes de la Chouette d’Or me vient malgré tout naturellement.

Sans préjuger de la difficulté ou de l’intelligence des mécanismes de MYSTERIOSA, je ressens pour l’instant un véritable écart dans la qualité littéraire des formulations. Les énigmes de Max Valentin pouvaient parfois posséder une musicalité, une ambiguïté ou une forme de poésie qui leur donnaient une personnalité très particulière. Et ce, même si elles se permettaient parfois de nous tutoyer. Celles de MYSTERIOSA me semblent, à première vue, davantage conçues comme des casse-têtes techniques.

Cela ne signifie évidemment pas qu’elles seront moins intéressantes à résoudre. Une énigme peut être brillante sans être littéraire. Il faudra surtout voir ce qu’elles cachent réellement et comment elles s’articulent avec les textes et la bande dessinée.

Soit dit en passant, si certaines énigmes font appel à des codes, des chiffrements, des extractions ou d’autres mécanismes de ce type, les outils de codes et de déchiffrement d’AppErgo pourront être utiles pour tester rapidement différentes pistes.

Couverture complète du livre MYSTERIOSA avec son bandeau bleu
Le livre MYSTERIOSA

Des premières impressions globalement positives

Après ce premier survol, mon impression générale reste positive. J’aime beaucoup l’objet lui-même, son format, sa couverture et la sobriété de sa conception. J’apprécie également la manière dont le livre entre rapidement dans le vif du sujet et évite les longueurs inutiles. L’ensemble paraît sérieux et bien construit.

La structure semble également bien pensée, avec un mélange de bande dessinée, de textes et d’énigmes qui donne déjà envie de faire des liens entre les différentes parties. La quantité de matière paraît importante, et même un peu intimidante, mais c’est aussi ce qui peut rendre une chasse passionnante sur la durée.

Je ne compte toutefois pas me lancer immédiatement dans une étude approfondie de MYSTERIOSA. Mon esprit est encore bien occupé ailleurs et je préfère attendre avant de m’y consacrer sérieusement. J’ai bien compris qu’il me faudra lire et relire pour entrer pleinement dans MYSTERIOSA. Si j’écris un quatrième article sur cette chasse, ce sera donc après avoir réellement travaillé sur les textes, la bande dessinée et les onze énigmes.

Comment conclure cet article ? Je dirais simplement que le prix de 24 euros pour participer à cette chasse me semble très raisonnable. On a entre les mains un joli livre, un contenu qui semble déjà riche et intéressant, et bien sûr la possibilité de partir à la recherche d’un trésor annoncé à 50 000 euros.

Bonne chasse à toutes et à tous !


MYSTERIOSA est présentée sur le site des Éditions du Trésor. Le livre est aussi disponible à la Fnac et sur Amazon.